L'édito de la semaine

Encore une belle semaine pour le féminisme !

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Et c’est sans ironie que je dis ça… en tout cas pour la première information… Et oui la loi anti-avortement a été rejetée par le Parlement polonais ! Une bonne nouvelle qui redonne enfin un peu d’espoir pour l’humanité. La mobilisation féministe a porté ses fruits et nous montre qu’il ne faut pas abandonner le combat pour ses idées et pour les valeurs que l’on croit justes. D’ailleurs, Zemmour est d’accord avec moi sur ce point, et oui ! Il a déclaré récemment : « Je respecte les gens qui sont prêts à mourir pour ce en quoi ils croient ». Bon lui il parlait de Daesh en disant ça c’est vrai… Mais comme quoi, on peut parfaitement être contre l’islam et admirer Daesh ! Quelle ouverture d’esprit cet Éric !

En parlant d’ouverture d’esprit (très approximative), vous avez entendu ce qu’a dit le Pape François sur les manuels scolaires français ? Il les accuse de propager la « théorie du genre », allant même jusqu’à parler de « colonisation idéologique ». Alors déjà, c’est quoi la « théorie du genre » ? On nous dit qu’elle aurait pour but de supprimer toutes les différences entre les hommes et les femmes, tant sur le plan biologique que social. Ça c’est la version du Pape et de tous ceux qui la dénoncent. Mais d’un point de vue sociologique, ce n’est pas tout à fait ça voyez-vous. Les gender studies ont mis en lumière la construction socio-culturelle de l’identité sexuelle, du « genre » : ces études ont contribué à questionner la perception de la différence entre les sexes à travers leurs représentations dans la société et les inégalités qui peuvent en découler. La célèbre phrase que l’on doit à Simone De Beauvoir, « On ne nait pas femme, on le devient », est un bon exemple de cette remise en question de la place de l’acquis par rapport à l’inné dans notre identité, qui est dès lors plutôt construite que déterminée. Bref, ça m’a l’air simple à comprendre et, selon moi, il n’y a pas lieu d’y voir un quelconque complot pour lobotomiser nos enfants. Quand on sait qu’en 2016, le sexisme reste encore très présent dans nos sociétés, renforcé par des stéréotypes véhiculés notamment par les médias (merci la téléréalité), accroitre les notions d’égalité entre les sexes dans l’enseignement, je pense pas que ce soit une mauvaise chose, bien au contraire. Montrer un homme qui fait la cuisine et une femme qui conduit un bus, ça peut paraitre bête mais ça a le mérite de sortir les enfants du conditionnement (conscient ou inconscient) sur les rôles traditionnels que l’on accorde respectivement aux femmes et aux hommes, rôles qui sont encore tenaces en 2016… Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il reste beaucoup d’efforts à faire concernant le sexisme, encore trop souvent banalisé.

Et justement, on a beaucoup parlé de sexisme cette semaine en réponse aux nombreuses moqueries vis-à-vis de Kim Kardashian. Parce que oui les amis, c’est LA nouvelle à laquelle vous n’avez pas pu échapper ces derniers jours : alors qu’elle séjournait dans un hôtel particulier à Paris, la reine de la téléréalité a été ligotée et bâillonnée par des braqueurs qui lui ont volé ses bijoux (pour un total de 10 millions d’euros, soit ce que le commun des mortels ne gagnera jamais dans toute sa vie, même en travaillant jusqu’à 100 ans). Les « Bijoux de la Castafiore » version 2016. J’ai vu les vannes, faciles et pas drôles parfois c’est vrai (parfois seulement, parce que la plupart du temps ça me faisait rire je dois l’avouer). Mais ce que j’ai vu surtout, c’est toutes ces pseudos féministes monter sur leurs grands chevaux pour défendre « cette maman de deux enfants agressée et humiliée ». Alors premier point qu’il me semble important de clarifier : considérer Kim K comme n’importe quelle femme qui aurait subi la même chose, c’est oublier qu’elle n’est précisément pas n’importe quelle femme. D’ailleurs si elle n’avait pas été Kim Kardashian, on n’en aurait tout bonnement pas parlé (et l’agression ne serait certainement pas arrivée en fait). Ce qu’elle représente ne peut être soustrait totalement à notre jugement. Après, oui évidemment ça reste une agression, peu importe qui est la victime, je suis tout à fait d’accord avec ça. Je dis juste qu’il ne faut pas absolutiser l’affaire comme si elle était le symbole de toutes les agressions de femmes au monde. Deuxième point important, l’humour. Depuis quand on ne peut pas se moquer d’une star de la téléréalité ? Depuis quand on ne peut pas se moquer tout court en fait ? Elle a fait du buzz et des réseaux sociaux son fonds de commerce, ça me semble donc logique qu’elle soit taclée sur le même tableau. Inutile de crier au sexisme à chaque blague. Moi qui croyais que c’était elle qui était une menace pour l’image de la femme, me voilà rassurée de voir qu’apparemment elle ne l’est que pour l’image de Paris…

Et pendant ce temps-là, la situation à Alep est toujours aussi catastrophique. Une véritable tragédie humanitaire qui fait chaque jour plus de blessés et de morts, mais bizarrement de laquelle on ne parle pas à la télé. Triste injustice de la sélection des médias. Mais en fait la voilà la solution ! Allez, les syriens, faites-nous une émission de téléréalité et achetez des bagues à 4 millions de dollars, peut-être qu’on s’intéresserait un peu plus à vous comme ça.

kim-k
Une des caricatures, signée Large, que l’on a pu voir cette semaine dans la presse.

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