« Végétarienne ? Végétalienne ? Vegan ? »

Oui je sais ce que vous vous dites… Encore un article (et un très très long en plus) pour nous pousser à ne plus bouffer chez McDo parce que c’est pas bien de tuer des animaux bla bla bla… Et… vous aurez totalement raison. Non je blague (quoi que…). Je veux justement à tout prix éviter ce genre de discours moralisateur qui 1) ne fonctionne absolument pas (en général, c’est même l’inverse… Plus on te dit de pas faire quelque chose, plus t’as envie de le faire beh oui) et 2) a plutôt tendance à exaspérer qu’à encourager.

Végétarisme, végétalisme ou encore véganisme sont des termes très à la mode actuellement. Forcément, beaucoup de marques/magasins surfent sur cette mode, qui du coup fait l’objet de beaucoup de reportages en tout genre. Malgré ça, ce choix de vie reste assez mal vu par bon nombre de personnes (oui certains d’entre vous font partie de ces personnes, n’essayez pas de vous cacher je vous ai repérés). Vous êtes nombreux à croire que les végétariens et cie sont tous coincés et frustrés (il y en a beaucoup des gens coincés et frustrés on va pas se mentir, mais je ne pense pas qu’il y ait un rapport direct avec leur alimentation). Mon but ici, ce n’est pas de vous convertir… même si c’est vrai que ça me plairait beaucoup si je réussissais à changer la vision de certains (je sais que je suis géniale mais bon j’ai pas la prétention de croire que j’y arriverai à moi toute seule) !

Mon objectif principal c’est plutôt de parler de moi (là au moins je suis sûre que je suis la mieux placée), de mon expérience personnelle concernant ce sujet et ça dans l’optique de vous aider à comprendre ce choix de vie, sans vous agresser, ni vouloir vous imposer mes idées (du coup vous comprendrez que j’en attends autant de vous, ce serait cool). Parce que le voilà le problème. Bien souvent, je suis sûre que c’est comme ça que vous percevez les interventions des « non mangeurs de viande » (vegans en tête) : des extrémistes qui savent tout mieux que tout le monde, qui vous jugent et qui veulent vous forcer à rejoindre leur « secte ». A vrai dire, moi-même il m’arrive parfois de les percevoir comme ça vous savez. Or selon moi, d’un côté comme de l’autre, c’est en s’intéressant à d’autres opinions (et en les respectant) que l’on peut comprendre, ou tout du moins, accepter qu’il existe d’autres réalités du monde que celle que l’on conçoit comme unique. Et ça c’est valable pour beaucoup de choses.

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« Et tu peux manger du poisson ? »

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Alors désolée mais même si c’est très moche un poisson, ça reste un être vivant donc il ne finira pas dans mon assiette ! Il y a aussi la fameuse : Je suis sûr que tu manges que des graines ? Alors oui j’ai acheté un pot de graines de chia (si vous êtes sur Instagram, vous savez forcément de quoi je parle) et des graines de sésame aussi c’est vrai, mais bon c’est pas comme-ci, une fois que tu supprimes la viande de ton alimentation, il te reste que des graines à manger quoi. Bref, tout ça pour dire que ces questions je les ai souvent entendues. Et bien qu’elles me fassent rire, elles me rappellent surtout à quel point les gens ont vraiment de mauvaises connaissances sur le sujet, et avec ça, beaucoup d’a priori. Mais c’est bien connu, quand on ne sait pas on a tendance à dire n’importe quoi (enfin même quand on sait en fait… regardez Zemmour).

Pour vous la faire courte (pour les détails, il y a Wikipédia évidemment), il existe trois grandes catégories de ce qu’on pourrait appeler « les non mangeurs de viande » (oui c’est la deuxième fois que je ressors ce surnom hyper original mais désolée j’étais pas très inspirée) :

  • Un VÉGÉTARIEN, c’est quelqu’un qui ne mange ni viande ni poisson
  • Un VÉGÉTALIEN, c’est quelqu’un qui ne mange aucun produit d’origine animale (produits laitiers, œufs, miel, etc)
  • Un VEGAN, c’est quelqu’un qui prône un mode de vie excluant la consommation de tout produit d’origine animale, et plus généralement, rejetant l’exploitation des animaux. Ça ne se limite donc pas à l’alimentation, ça se joue également au niveau des vêtements/accessoires (pas de cuir, de daim, de fourrure, etc), des cosmétiques (pas testés sur des animaux) et des activités (pas de cirques, de zoo, de pêche, etc).

Les motivations, elles, peuvent être très diverses. Pour certains, c’est une simple question de goûts ou de régime alimentaire, pour d’autres, ça va un peu plus loin : c’est  l’idée d’un refus de faire souffrir les animaux mais aussi d’un plus grand respect envers eux et la nature, le monde qui nous entoure.

Et moi alors ?

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Alors, pour répondre à cette question, on va s’arrêter quelques instants sur mon titre. Je voulais annoncer la couleur : je n’aime pas désigner mon mode d’alimentation, même plus généralement mon mode de vie, par un seul mot réducteur. Je n’aime pas être enfermée dans une catégorie (et ça c’est valable pour beaucoup de choses en fait). Je veux dire, je ne m’adapte pas à la définition que le dico fait de ces termes pour y coller parfaitement… J’ai mon propre mode d’alimentation, mon propre mode de vie, et ça me convient bien ainsi !

Au début, c’est-à-dire depuis le 1er janvier 2016 (appelez ça une bonne résolution si vous voulez… bien que souvent les bonnes résolutions on les ne tient pas vraiment donc bon), j’ai arrêté de manger tout être vivant (donc pas de viande, pas de poisson, bref du végétarisme le plus basique). Petit à petit, j’ai aussi commencé à diminuer ma consommation de produits laitiers. Faut dire que je n’ai jamais été très fan du lait dans ma vie, alors ça n’a pas été compliqué de le remplacer par du lait végétal, pareil pour les yaourts. Suis-je « végétalienne » pour autant ? Eh bien… non. Non parce que, même si je mange moins de produits laitiers, je ne les ai pas tous supprimés définitivement… à vrai dire, je suis une inconditionnelle du fromage et pour moi, ne plus en manger, c’est vraiment pas facile. Le truc c’est que ça me faisait culpabiliser au début. C’est vrai quoi, je sais pas si vous avez vu ces vidéos atroces où on voit des vaches se faire maltraitées d’une manière totalement inhumaine, et ça au service de l’industrie laitière… Du coup, moi je me sentais coupable : en mettant du parmesan sur mes pâtes, je contribuais donc à cette violence ? L’angoisse ! Mon esprit critique s’est quand même remis en mode on et s’est interrogé : est-ce qu’on peut extrapoler ce type de vidéos à toutes les fermes qui produisent du lait ? Peut-être que l’on peut naïvement croire que, contrairement aux grands industriels, une éthique existe chez les plus petits producteurs de lait non ? Oui mais le truc c’est qu’au-delà de la maltraitance, l’argument qui est prôné par les vegans, c’est le fait que le lait de la vache, tout comme le lait des autres mammifères y compris la femme, est produit quand elle vient d’accoucher, pour nourrir… son petit (et donc pas les clients des supermarchés, forcément). Du coup, elle est bien souvent inséminée artificiellement pour pouvoir par la suite donner naissance et ainsi déclencher la production de lait. Ainsi on nous relate que pour mener à bien ce processus, elle est séparée de son petit à sa naissance, ce qui, on peut l’imaginer, est une grande souffrance pour la mère et son petit. Alors évidemment, c’est un argument auquel on peut difficilement s’opposer… Mais encore une fois si j’active mon esprit critique, je ne peux pas m’empêcher de me dire que, malgré le fait que oui, ça doit certainement se passer souvent ainsi, il ne faut pas oublier que ces vidéos, ces récits sont faits pour nous choquer. Et donc, comme tout le monde le sait, pour rallier à sa cause, il faut émouvoir. Et donc indéniablement, faire pleurer dans les chaumières, c’est quelque chose qui marche assez bien. En tout cas ça marche sur moi pour le coup ahah. Après, pour me rassurer, j’ai envie de croire que la vache si elle pouvait décider de son sort, elle nous donnerait peut-être un petit peu de son lait parce qu’elle en aurait trop (enfin là je suppute évidemment parce que je n’ai jamais eu de conversation avec une vache). Plus sérieusement, ça m’a quand même fait réfléchir sur ma consommation de produits laitiers, d’autant plus que j’ai l’impression de développer une intolérance au lactose (ou alors c’est psychologique jsais pas, en même temps je suis un peu hypocondriaque donc bon). Du coup, depuis quelques temps, j’ai définitivement remplacé le lait traditionnel par du lait végétal (soja, amande, coco, … y en a vraiment pour tous les goûts) et j’ai fortement diminué ma consommation de fromage en privilégiant des fromages végétaux qui sont franchement tout aussi bons. Après, je ne vous cache pas qu’il m’arrive encore de manger du fromage « traditionnel », pareil pour les œufs. Non je ne suis pas parfaite et je ne cherche pas à l’être (si tant est que c’est une notion assez subjective… Le fait de vivre nue dans la nature et de consommer uniquement des plantes ferait-il de moi quelqu’un de meilleur ? Nous ne le saurons jamais). J’essaye juste d’être le plus possible en adéquation avec mes valeurs. Ce serait bien manichéen de croire qu’il y a une bonne et une mauvaise façon de vivre, et complètement prétentieux d’affirmer que la nôtre est toujours la meilleure (ce qui ne nous empêche pas de le faire, moi la première).

Comme je le répète souvent, tout est une question de sensibilité plutôt que de faits objectifs. On ne peut pas demander à tout le monde de considérer les animaux comme nos égaux… Et c’est là que se trouve le nœud du problème. A quel point êtes-vous affectés par la souffrance et la mort des animaux ? Tout est une question de point de vue empathique et d’éthique personnelle. Pour certains, la mort de l’animal se justifie par la « logique des choses » : d’aucuns considèrent que nous sommes au sommet de la chaine alimentaire et que c’est « normal » de se nourrir de ceux qui sont en dessous de nous. Darwinisme, loi du plus fort, tout ça, tout ça. Et qui suis-je pour leur donner tort à 100%… Même si je trouve toujours marrant le paradoxe de l’être humain qui considère être le plus évolué de tous les animaux mais qui, avec ce genre d’arguments, se réfère à ses instincts les plus primitifs. Le fait est que je considère qu’on possède tous un « libre-arbitre », le choix de décider ce que l’on veut être ou ne pas être (telle est la question… big up Shakespeare).

Revenons à nos moutons (elle était facile je vous l’accorde). Je vous disais qu’effectivement j’essaye d’être le plus possible en accord avec mes valeurs. Ça passe aussi par d’autres niveaux que la nourriture, comme je l’ai précisé plus haut. En effet, ça fait longtemps que j’ai banni de ma garde-robe tout vêtement ou accessoire en cuir, fourrure et autres peaux animales. Au-delà du prix, j’ai toujours trouvé que dépecer un animal de sa peau juste pour être à la mode, c’est limite quand même. On n’est pas dans une optique de « survie » en se disant Je mange de la viande parce que j’en ai besoin pour vivre (affirmation plus que contestable selon moi évidemment mais je peux encore comprendre le raisonnement), non là on n’est simplement dans du superficiel, surtout quand on sait que l’on peut aisément trouver des alternatives qui respectent la cause animale.

Bref, je le répète je ne suis pas parfaite. Pas une parfaite végétalienne ou un parfaite vegan, non. Je ne veux pas être mise dans une catégorie et réduite à celle-ci. Je choisis la manière dont je veux vivre, manger, m’habiller… selon mes convictions et mes valeurs, et ça sans me référer à un dogme, à une définition établie. C’est moi et seulement moi qui choisis mon mode de vie. Vous savez, c’est comme dans un restaurant, vous choisissez le plat de base et puis vous rajoutez ou retirez les éléments à votre guise.

Je ne supporterai pas qu’une personne vienne me dire Tu n’es pas une bonne vegan parce que tu fais ci ou tu ne fais pas ça. C’est pour ça que je ne veux pas être enfermée dans cette définition. Je respecte toute vie oui d’accord. Mais bon je ne vais pas vous mentir, quand je vois des gens débattre sur Faut-il ou non traiter son enfant s’il a des poux et ainsi décider d’ôter la vie à ces petites bêtes ? ou encore sur le fait de donner ou non à son chien de la viande (alors que bon quand même un chien c’est carnivore donc ne pas l’autoriser à manger de la viande, c’est aller contre sa nature et donc c’est pas hyper respectueux pour le chien, cqfd), je vous avoue que je suis sidérée qu’on puisse aller aussi loin dans le raisonnement. Perso oui ça m’arrive fréquemment de tuer des mouches ou des moustiques je vous le confesse ici et maintenant… suis-je donc une meurtrière ? cela fait-il de moi une mauvaise personne ? Alors oui je sais que certains vont dire qu’encore une fois l’homme se sent comme un être supérieur qui se croit permis de décider de la vie ou de la mort à son bon vouloir… C’est vrai d’accord mais je suis désolée, tuer une araignée ne m’a jamais empêchée de dormir (je mens, en fait c’est rarement moi qui tue les araignées que je vois, je me contente d’hurler et d’appeler au secours pour qu’on vienne la tuer à ma place). Je respecte les gens qui eux se sentiraient mal s’ils le faisaient, encore une fois, chacun a son propre seuil de tolérance après tout. Mais par pitié, vous, oui vous qui nous dites ce qu’il faut ou ce qu’il ne faut pas faire pour « vivre en harmonie » avec la nature et les êtres qui nous entourent, arrêtez ça. Après, on se demande pourquoi plein de gens voient les végétariens (oui les gens comprennent pas toujours les différences entre végé et vegan) comme des bobos en marge de la société… Être « différent « , c’est déjà assez difficile, alors si en plus on n’est pas crédible…

Le truc c’est que moi-même je n’aime pas qu’on me dise ce que je dois ou ne pas faire, ce qui est bien ou mal. Dans l’absolu évidemment… ne croyez pas que je suis têtue (ou alors juste un peu), c’est juste que quand il s’agit d’une question de mode de vie, c’est en général très subjectif de dire ce qui est bon ou mauvais, et pour changer, il faut le vouloir soi-même c’est bien connu. Ça ne sert donc à rien de pousser les gens dans un sens si eux continuent de pousser dans le sens inverse.

Évidement que ça m’exaspère de voir des gens qui s’en foutent qu’un animal ait pu souffrir juste pour 10 min de plaisir gustatif (surtout que d’autres moyens existent, gustatifs ou non) ou pour un sac en cuir et un manteau de fourrure (alors qu’il existe des trucs en imitation de peau qui feront plaisir à votre conscience mais aussi à votre portefeuille ! Non ne me remerciez pas du conseil, c’est normal). Oui évidemment. Mais nous vivons dans une société où il est important d’accepter que les autres ne pensent pas ou n’agissent pas comme nous. Alors oui, c’est difficile, très difficile même, de regarder les autres faire quelque chose qui nous insupporte et avec lequel nous ne sommes pas d’accord (d’autant plus qu’ici, c’est de la vie d’êtres vivants dont il est question donc bon c’est encore plus délicat) mais une chose est claire dans ma tête : je ne peux pas contraindre les autres à faire ce que je dis (si vous avez trouvé une formule magique pour ça, n’hésitez à me la communiquer, je vous en remercie d’avance). Ce n’est pas pour ça qu’il faut abandonner ses convictions, loin de là. Je dis juste que crier n’est pas toujours le meilleur moyen pour se faire entendre… le militantisme ne se résume pas uniquement à ça, il peut être plus pacifique.

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Le problème, voyez-vous, c’est que quand on n’a pas la même manière de vie que les autres, on est montré du doigt… On nous en veut de ne « pas faire comme tout le monde », d’être dans la « normalité » … En soi, qu’y a-t-il de mal à préférer manger une pizza végétarienne plutôt qu’une escalope milanaise quand je vais au restaurant avec mes amis ? Il n’y en a pas. Mais pourtant, il y aura toujours des gens qui ne le supportent pas. Pourquoi ? J’aimerais sincèrement comprendre. Je veux dire…  il y a des gens qui mangent pas de choux de bruxelles alors que beh c’est super bon les choux de bruxelles ! Est-ce que pour autant je vais leur dire franchement vous êtes chelous de ne pas manger de choux de bruxelles, vous êtes pas normaux ! Ça parait un peu simpliste comme raisonnement mais c’est peu ou prou le même que celui fait avec ceux qui ne mangent pas de viande. Comme-ci les végétariens représentaient ce reflet renvoyant les « omnivores » à leur propre conscience et que les moqueries envers eux ne seraient en fait qu’une manière de se déculpabiliser de ne pas remettre en question cette normalité établie (On est fait pour manger de la viande, c’est la loi de la nature) comme eux le font (c’était le moment psychologie de Sarah). Cependant, il est clair que celui qui ne se sent pas concerné par cette « sensibilité à la cause animale » dont j’ai parlé un peu plus haut, c’est son « choix » et je le respecte. Ce n’est pas nécessaire et surtout pas juste de vouloir imposer ce choix aux autres. Après tout, c’est bien ça qui est reproché aux vegans (comme on dit, ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse). Chacun met ce qu’il veut dans son assiette évidemment… Enfin je dis ça mais si vous êtes cannibale, je préfère vous prévenir, c’est pas encore hyper bien vu comme régime alimentaire alors allez-y mollo (vous comprenez, manger la chair d’un être vivant comme ça, c’est bizarre… enfin apparemment seulement quand cet être est un humain… Allez, une petite remarque gratuite ça fait du bien de temps en temps :D)

Devenir un meilleur consommateur

Un meilleur consommateur… voilà ce que j’essaye de devenir. C’est assez compliqué de définir ce qu’on entend par là, pas vrai ? Je suis loin d’être une experte de l’alimentation soyons clairs, mais voilà comment moi, citoyenne lambda, je vois les choses. Ça fait un petit temps que l’on voit se dessiner ce mouvement de conscientisation, pour la souffrance animale comme nous venons d’en parler, mais aussi plus largement pour ce qui est de consommer local, bio, en respectant les saisons, etc. Bref consommer de manière plus intelligente, en réfléchissant à ce qu’on met dans son assiette. On vit dans une société de surconsommation où tous les subterfuges sont bons pour nous faire acheter. Toujours plus. Toujours trop. Parmi le choix immense de marques que l’on nous propose (incluant une variété infinie de gammes, goûts, couleurs, noms,… « différents »), beaucoup de produits ne sont pas spécialement bons pour la santé, voire carrément dangereux pour certains. Beaucoup de gens ne le savent pas, d’autres le savent plus ou moins mais achètent quand même : De toute façon, des pesticides, des produits chimiques et tout le tintouin, y en a partout donc bon … On va pas arrêter de se faire plaisir pour autant. Hmm alors voyons, 5 minutes de plaisir en mangeant un truc qui peut potentiellement nuire à ma santé en me rendant obèse voire même en me filant le cancer, c’est cher payé non ? Certains diront que c’est voir le mal partout. Mais justement moi je pense que le mal est vraiment partout. On ne vit pas dans le monde des Bisounours, tout le monde n’est pas beau, gentil et honnête, non, désolée de vous décevoir. Si vous saviez à quel point nous sommes manipulés (moi-même je ne le sais pas et je pense franchement que ce que j’imagine est encore bien loin de la réalité). À ce propos, j’ai récemment vu un reportage. C’était sur France 2 dans l’émission Cash Investigation, vous connaissez ? Je suis absolument fan de cette émission. Une des rares qui, en plus de me donner l’impression que le monde est encore plus pourri que ce que je croyais, dénonce et ose. C’est ce que j’appelle une vraie émission de service public, je dirais même qu’elle est vitale parce qu’elle va plus loin que ce que l’on veut bien nous montrer en général. Bref revenons à ce reportage. Le sujet c’était le jambon ou plus précisément pourquoi le jambon était rose. Présenté comme ça, ça n’a pas l’air folichon ok. Mais en fait, le but de ce reportage c’était avant tout de nous montrer comment le lobby de l’industrie agroalimentaire, en l’occurrence ici les défenseurs de la charcuterie industrielle, entube les consommateurs en leur vendant du jambon, salami et autres « spécialités du terroir » industrielles évidemment et bourrées de nitrites. Ces sels de nitrites, qui sont utilisés comme agents de conservation et qui donnent de la couleur et du goût aux produits, est surtout dangereux pour la santé : une fois arrivés dans notre appareil digestif, ils rentrent en contact avec les amines (un composé dérivé de l’ammoniac) des aliments et se transforment en nitrosamines… des molécules reconnues par de nombreux experts comme cancérigènes chez l’humain. Je suis certaine que bon nombre d’entre vous se souviennent de cette polémique concernant les liens potentiels entre consommation de viande et cancer, polémique qui avait chamboulé l’opinion publique fin 2015 mais qui s’est très vite dissipée sous la pression des lobbies de l’industrie carnée et des contre-études qui ont dit que Ouf on peut continuer à manger notre charcuterie bien-aimée (avec un peu de modération) sans avoir peur de choper une tumeur. Parce que vous voyez c’est comme ça que ça fonctionne. Business is business. Et le business des grands industriels, il compte plus que notre santé. On ne pourrait pas risquer de faire chuter les ventes pour ces histoires de danger sur la santé, non voyons. Alors on désinforme les gens, on les convainc que tout va bien, on les prend pour des jambons en somme (désolée c’était trop tentant). Et tout ça avec l’appui des politiques évidemment sinon ce ne serait pas drôle. Enfin, je ne vais pas m’étaler davantage là-dessus, je vous laisse regarder l’émission (à revoir ici) pour en savoir plus et surtout vous faire votre propre opinion.

Si je vous ai parlé de ça, c’est simplement parce que je pense que c’est pour ce genre de choses qu’il faut apprendre à être ce consommateur meilleur, conscient et averti, dont je vous parlais un peu plus haut. Le truc à comprendre, c’est que si on ne le fait pas soi-même, personne ne le fera à notre place, ni les marques, ni même le pouvoir politique. Nous, consommateurs, on a la capacité de faire disparaître tous ces produits nocifs pour notre santé… en ne les achetant pas tout simplement. Ce discours, je ne suis (heureusement) pas la seule à le tenir. Si chez les personnalités, ils sont de plus en plus nombreux à faire leur coming out végétarien (il suffit de taper « liste des stars végétariennes » sur Google pour s’en rendre compte), dans le monde politique aussi, ça arrive : je pense notamment à Jean-Luc Mélenchon, une des personnalités politiques qui en parle le plus simplement parce qu’il commence petit à petit à changer de régime alimentaire. Comm’ politique ou réels efforts, le fait est qu’il met en avant plan la nécessité de changer de mode de vie. Mode de vie qui met en péril l’avenir de la planète et de l’humanité. Il insiste par exemple sur la nécessité de réduire sa consommation de protéines carnées, ce qui serait déjà en soi une belle avancée. Moins d’animaux maltraités et tués évidemment, si l’élevage devient moins industriel, moins intensif (même si, bien entendu, un abattoir reste un lieu où les animaux sont tués, peu importe qu’ils aient souffert ou non… Mais bon un pas à la fois. Comme je l’ai répété moult fois précédemment, il ne s’agit pas de rendre tout le monde végétarien en une semaine). Sur le plan écologique aussi, consommer moins de viande permettrait de réduire les terres d’élevage et ainsi réduire la pollution que ce type de production entraîne (on sent que la fin de mon texte approche, mon lien causal est un peu simple dira-t-on… Pour faire court mais bien comprendre le lien viande-environnement, je vous conseille d’aller voir cette petite vidéo).

Bref, devenir plus conscient, plus informé, se renseigner sur la provenance des produits, sur leur composition,… c’est pas évident parce qu’on ne peut certainement pas tout savoir, surtout que les marques ne nous facilitent pas la tâche avec leur étiquetage. Mais malgré des débuts difficiles, j’ai pris l’habitude de me renseigner sur une grande part des produits que j’achète et sincèrement aujourd’hui, c’est devenu un véritable automatisme qui oriente mes choix de consommation.

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Un choix personnel, un objectif collectif

Pour résumer ce que je pense, j’emprunterais les mots d’un humoriste que j’aime infiniment, le grand Guillaume Meurice, qui disait lors d’un entretien dans la revue Ballast : Je ne suis pas dans une logique de révolution. Je suis dans une logique de prise de conscience individuelle. C’est exactement mon état d’esprit… Je ne veux pas remuer ciel et terre pour changer le monde en un coup de baguette magique. Non. Je me dis juste que le simple fait de penser comme je pense, d’en parler, d’en débattre avec d’autres autour de moi, ou simplement d’agir du mieux que je peux au quotidien, peut faire la différence, aussi minime soit-elle. Je reste persuadée qu’il faut aller au bout de ses combats (même si oui parfois c’est difficile de ne pas se dire que ça ne sert à rien) mais qu’avant de vouloir changer les autres, c’est d’abord par soi-même qu’il faut commencer.

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Vous l’aurez donc compris, le sujet de cet article va un peu plus loin que le simple fait de manger ou non de la viande. Quand j’aborde la perception du mode alimentaire, je dessine les contours, dans un ordre d’idées plus général, de la nécessité d’accepter l’autre dans sa différence sans vouloir lui imposer de changer sa manière de vivre (d’un côté comme de l’autre). Quand j’insiste sur l’importance de devenir un meilleur consommateur, je pense à l’importance plus globale de l’éducation dans cette logique, mais aussi dans beaucoup d’autres sujets et débats de la société, dont beaucoup brûlent l’actualité en ce moment. L’éducation… le voilà mon cheval de bataille, ce en quoi je crois, ce qui pour moi est le socle de tout changement. Il ne sera donc par étonnant de retrouver souvent ce thème parmi les articles que je vous proposerai. J’aurais pu développer le sujet ici et maintenant mais bon je vais m’abstenir, c’est pas comme-ci mon texte n’était pas déjà assez long… Enfin, comme on dit, plus c’est long plus c’est bon non ? En espérant que ce soit le cas ici.

Pour aller plus loin dans la réflexion sur le végéta*isme (et surtout si vous avez encore le courage de lire quelque chose en plus) je vous conseille d’aller jeter un coup d’œil ici, un article qui décompose un à un les arguments les plus souvent cités par les « omnivores » contre les végéta*iens et que je trouve vraiment très inspirant.

4 thoughts on “« Végétarienne ? Végétalienne ? Vegan ? »

  1. très intéréssant l’article sujet est bien choisi et bien développé 😉
    En ce qui me concerne j’essaie de réduire ma consommation de viande depuis 1 an, aujourd’hui je suis à 1 viande blanche par semaine voire par mois. Le plus difficile c’est de se détacher de ce « désir » carnivore que la société alimente au quotidien. bref je pense que ce qui est important est de respecter l’environnement et par conséquent d’être un consommateur respectueux ! et non de simple « cons »sommateurs…

    merci

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